Assemblée nationale le 3 Octobre 2006. Lors de la séance des questions au Gouvernement, Michel HERBILLON, Député-Maire de MAISONS-ALFORT demande à Nicolas SARKOZY des précisions sur l'action que mène l'état dans le cadre de l'occupation du gymnase de Cachan. J'en profite pour le remercier pour son intervention. Elle permet d'éclairer les Cachanais.
Michel Herbillon – Ma question s’adresse à M. Sarkozy. Depuis six semaines, dans mon département du Val-de-Marne, le maire socialiste de Cachan et le président communiste du conseil général organisent la présence d’environ 200 personnes dans un gymnase municipal, aux frais des contribuables locaux (Vives protestations sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des députés communistes et républicains). C’est bien parce que ça vous gêne que vous m’empêchez de parler ! Les élus ont même été jusqu’à proposer de délocaliser le squat en réquisitionnant les anciens locaux du CEA de Limeil-Brévannes, avant que la justice ne les en empêche. Des vedettes du show-business, en mal de publicité,…)
M. Noël Mamère - Vous êtes nul !
M. Michel Herbillon - …et des personnalités politiques se rendent sur place, pour donner des leçons de générosité et montrer leur grand cœur. Même si on ne peut rester insensible aux situations humaines difficiles que révèle cette affaire, les Français, j’en suis sûr, désapprouvent l’attitude opportuniste qui consiste à profiter du malheur des gens. Il ne saurait être question de céder aux pressions de ceux qui voudraient régulariser tous les étrangers. Ce serait envoyer un bien mauvais signal aux candidats à l’émigration illégale, qui, trop souvent, viennent s’échouer sur les rivages des Îles Canaries.
Monsieur le ministre d’État, pouvez-vous préciser à la représentation nationale l’action de l’État à Cachan ?
M. Nicolas Sarkozy, ministre d’État, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire – J’ai fait évacuer le squat de Cachan parce qu’il y avait une décision de justice et que ne pas exécuter une décision de justice, c’est ne pas respecter l’indépendance de la justice, ce que je ne puis accepter… Ce sont du reste les mêmes parlementaires qui défilaient hier, toute hypocrisie affichée, pour défendre l’indépendance de la justice, et qui nous demandent aujourd’hui de ne pas exécuter une décision de justice ! Ensuite, ce n’est pas l’État, ni le Gouvernement qui, au mépris des règles d’hygiène élémentaires, ont décidé d’installer ces malheureux dans un gymnase : c’est le maire socialiste de Cachan, pour faire un coup politique en utilisant la misère de ceux à qui le Gouvernement proposait un hébergement ! C’est une attitude irresponsable.
Nous avons maintenant des hommes et des femmes qui souffrent. Nous sommes extrêmement attentifs à l’évolution de la situation sanitaire et je maintiens la proposition que nous avons faite avec le Premier ministre : pour ceux qui sortiront du gymnase, nous trouverons une solution d’hébergement. Mais je veux mettre chacun devant ses responsabilités. Il existe des associations politisées, irresponsables, qui utilisent la misère de malheureux en leur conseillant de rester dans un gymnase pour provoquer des problèmes politiques et non pour soulager une misère dont chacun est solidaire… En ce moment même, le dialogue semble avoir repris et la raison devrait triompher : toute personne légitimement émue par la situation de ces malheureux doit admettre que la solution d’hébergement que nous proposons avec Jean-Louis Borloo est raisonnable.
Mais les Français ne comprendraient pas qu’au prétexte qu’on occupe un gymnase, on passe devant des dizaines de milliers de personnes en difficulté, qui, elles aussi, attendent depuis longtemps une solution de logement. Du côté du Gouvernement, nous voulons soulager la misère, pas l’exploiter !
MM. Jean-Marc Ayrault et Jean-Yves Le Bouillonnec – Rappel au Règlement !
M. le Président – Monsieur Le Bouillonnec, il n’y a pas de rappel au Règlement pendant les questions au Gouvernement.
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