Le problème des régimes spéciaux, c'est qu'ils sont devenus un peu trop spéciaux. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que leur singularité choque. Mais comme à l'habitude en France, les confédérations syndicales menacent et prédisent l'insurrection et l'apocalypse.
Si épreuve de force il doit y avoir, Nicolas Sarkozy paraît prêt à l'engager. Le suffrage universel l'a choisi il y a cinq mois, l'opinion est demandeuse et l'opposition socialiste désorientée.
Le président est, de toute façon, dans l'obligation de passer l'obstacle : renoncer en chemin ruinerait le concept de « rupture » si âprement défendu pendant la campagne électorale. Les syndicats, dopés par leur « victoire », s'engouffreraient dans la brèche et s'emploieraient à ruiner le grand chantier de rénovation lancé en mai dernier.
En revanche, s'il franchit l'écueil, le symbole sera spectaculaire. Il aura prouvé que la France n'est pas ce vieux pays rétif, spectateur de lui-même, et qui a fait du renoncement une règle de vie. Ce jeudi 18 octobre est donc bel et bien un moment de vérité.
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